Mais que se passe-t-il en vous lors du choc post-traumatique? Tout « simplement » un processus naturel et protecteur qui a débuté au moment où vous avez vécu ou été témoin d’un événement traumatisant. Depuis cette terrible expérience, vous ne vous reconnaissez plus. Votre corps et votre esprit réagissent de façon étrange. Vous avez peur de devenir folle.
Mais comment exactement un événement traumatisant déclenche-t-il toutes ces réactions ? Que se passe-t-il dans votre cerveau et votre corps au moment du choc post-traumatique? En comprendre le déroulement vous permettra de normaliser des réactions qui peuvent vous sembler effrayantes. Vous saisirez aussi l’intérêt d’un accompagnement par un thérapeute spécialisé en psychotraumatisme.
Prête! Je vous explique tout ?
Un événement devient traumatisant quand il menace votre vie ou votre sécurité profonde. C’est plus qu’un stress fort.
Ces éléments sont caractéristiques:
Ces événements sont les plus fréquents:
Ce qui est traumatisant pour vous ne l’est pas forcément pour quelqu’un d’autre. Ce n’est pas une question de force ou de courage.
Cette différence dépend de plusieurs facteurs. Elle est conditionnée par votre histoire personnelle, vos traumatismes antérieurs, vos ressources psychologiques disponibles, le contexte dans lequel vous évoluez et le soutien immédiatement dont vous disposez.
Quand l’événement se produit, votre cerveau réagit instantanément en mode survie. Ce processus qui va conduire au choc post-traumatique est automatique, vous ne contrôlez rien.
Une petite partie de votre cerveau (l’amygdale) détecte le danger. Elle déclenche l’alarme avant même que vous réalisiez consciemment ce qui se passe.
Une fois activée, l’amygdale envoie une avalanche de signaux à différentes parties de votre cerveau et de votre corps. Cette alerte mobilise toutes vos ressources disponibles pour faire face au péril imminent.
L’activation de votre amygdale entraîne la libération de plusieurs hormones :
Elles préparent votre corps à l’action immédiate : votre cœur bat plus vite, votre respiration s’accélère, vos pupilles se dilatent, votre digestion s’arrête.
Il a une action plus prolongée. Il mobilise les réserves énergétiques de votre corps, augmente votre vigilance, et prépare votre organisme à maintenir l’effort dans la durée si nécessaire.
La libération massive de ces hormones explique vos sensations physiques intenses et désagréables vécues pendant l’événement. Votre corps entier est mobilisé dans une réponse de survie maximale.
Dans des situations de survie urgente, votre cerveau met hors service la région responsable de la réflexion et de l’analyse (le cortex préfrontal). C’est pour cela que vous ne pouvez pas contrôler vos réactions ou prendre des décisions sensées.
Cette inhibition vous protège, face à un danger imminent, réfléchir longtemps pourrait être fatal. L’action immédiate prime sur la réflexion.
Souvent, après coup, vous vous reprochez de ne pas avoir « mieux » réagi mais vous ne pouviez pas faire autrement.
Face au danger, votre corps choisit automatiquement :
Si vous avez été figée, ce n’est pas votre faute. Votre cerveau a fait ce qu’il pouvait pour vous protéger.
Pendant le traumatisme, votre cerveau enregistre tout en désordre : images, sons, odeurs, sensations, émotions.
Normalement, ces éléments sont rangés dans votre mémoire comme un dossier bien classé. Mais là, tout arrive en même temps, trop vite, sous énormément de stress. Votre cerveau en mode survie est « déconnecté » de ses capacités d’organisation.
Résultat, le souvenir est enregistré en morceaux, comme un puzzle terrorisant et mélangé où rien ne se suit. C’est pour cela que vous avez des « trous noirs » ou que certains détails sont très nets et d’autres flous.
Parfois, ce qui arrive est tellement horrible que votre cerveau vous « déconnecte » de la réalité. C’est la dissociation qui est une protection d’urgence.
Comment se manifeste-t-elle ? Vous vous voyez de l’extérieur, comme si vous flottiez. Tout vous semble irréel, comme dans un rêve. Vous ne ressentez plus rien, vous êtes engourdie. Des trous de mémoire sur certains moments sont présents.
La dissociation n’est pas de la folie. C’est votre cerveau qui vous protège de ce qui est trop douloureux à vivre pleinement.
Dans les heures et les jours suivant l’événement traumatisant, vous entrez dans ce qu’on appelle le choc post-traumatique. C’est la phase aiguë de la réaction traumatique, une réaction normale qui dure, généralement, de quelques jours à quelques semaines. Vous êtes assaillis par des symptômes très inconfortables.
Votre corps porte les stigmates visibles de la tourmente neurobiologique qu’il vient de traverser :
Ils sont fréquents et peuvent durer des heures. Ils correspondent à l’énergie mobilisée pour votre survie qui n’a pas été dépensée et qui doit être évacuée du système nerveux.
Des sueurs, des frissons alternant avec des bouffées de chaleur et la pâleur persistent. Votre cœur continue de battre vite même au repos. Votre respiration reste superficielle et rapide.
Les nausées, pertes d’appétit, problèmes de digestion, troubles du transit sont courants.
Vous êtes vidée mais il vous est impossible de dormir, ou alors vous faites des cauchemars.
Dans les heures qui suivent, votre pensée reste désorganisée et fragmentée :
L’ordre des événements est flou, certains moments sont clairs, comme du cristal, tandis que d’autres sont complètement effacés
“Qu’est-ce qui s’est passé ? », « Comment je suis arrivé ici ? », « C’est vraiment arrivé ? » – cette répétition est une tentative de votre cerveau de donner du sens à l’expérience
Suivre une conversation simple devient difficile, vos pensées reviennent sans cesse à l’événement
Même les décisions les plus basiques vous semblent insurmontables
Les minutes peuvent vous sembler des heures, vous pouvez oublier quel jour on est.
C’est normal. Votre cerveau a besoin de temps pour se remettre du choc.
Le choc post-traumatique produit des réactions émotionnelles qui peuvent paraître contradictoires :
Vous pouvez avoir des pleurs incontrôlables, vivre des crises d’angoisse, une terreur palpable. Vous êtes submergées par vos émotions, incapables de les contenir ou de les réguler.
Ou alors, vous semblez étrangement calme, presque détachée. Vous parlez de l’événement sur un ton neutre, sans émotion apparente. Vos émotions sont tellement intenses qu’elles risqueraient de vous engloutir complètement. Votre cerveau les met donc temporairement « sous cloche ».
Vous pouvez aussi alterner rapidement entre les larmes, le moment suivant étrangement calme, puis vous êtes à nouveau submergée.
Aucune de ces réactions n’est anormale. Votre système émotionnel est complètement déréglé par le choc.
Très rapidement après l’événement, parfois dès la première nuit, les pensées intrusives et les cauchemars commencent. Votre cerveau rejoue l’événement encore et encore, tentant de le traiter, de lui donner du sens.
Ils surgissent de manière incontrôlable. Des images, des sons, des sensations liées au traumatisme envahissent votre esprit sans prévenir. Vous pouvez être en train de faire une activité ordinaire quand soudain, vous revoyez la scène comme si elle se déroulait maintenant.
Ils reproduisent l’événement ou des variations de celui-ci. Ils sont particulièrement vifs, intenses, et vous réveillent en sueur et en panique. Votre sommeil devient source d’angoisse.
Ce sont des réactivations complètes de l’état émotionnel et physiologique vécu pendant le traumatisme. Votre corps réagit comme si le danger était à nouveau présent : votre cœur s’emballe, vos mains tremblent, la peur vous envahit.
Votre cerveau essaie de « digérer » ce qui s’est passé. C’est pénible mais c’est un processus de guérison.
Béneficier d’une aide validée scientifiquement
Dans les jours qui suivent le traumatisme, vous restez sur le qui-vive constant. Votre système nerveux, ayant détecté un danger majeur, ne baisse pas la garde. Vous observez:
Le moindre bruit vous fait sursauter violemment. Une porte qui claque, un téléphone qui sonne, quelqu’un qui entre dans la pièce sans prévenir déclenche une réaction disproportionnée.
Vous vous réveillez au moindre bruit, vous restez longtemps éveillée, incapable de vous détendre suffisamment pour plonger dans un sommeil profond.
Tel un radar, vous surveillez tout autour de vous. Vous anticipez constamment le danger.
Cette hypervigilance vous épuise. Votre système nerveux fonctionne en surrégime constant, brûlant énormément d’énergie. La fatigue s’accumule mais le repos est impossible tant que votre système d’alarme reste activé car il a peur de se laisser surprendre.
Rapidement, vous commencez à tout faire pour ne pas faire face à tout ce qui pourrait vous rappeler le traumatisme.
Vous évitez les lieux, les personnes, les activités qui vous rappellent le traumatisme. Vous ne voulez plus en parler ni y penser.
C’est une protection naturelle. Mais parfois, cet évitement vous enferme.
Etre aidée après le choc traumatique
C’est une réaction normale à un événement anormal.
Aussi pénible et effrayant soit-il, le choc post-traumatique n’est pas une pathologie. C’est une réaction adaptative, une tentative du corps et de l’esprit de gérer une expérience qui les a dépassés.
Les pensées intrusives et les cauchemars, bien que pénibles, servent une fonction importante. Votre cerveau rejoue l’événement encore et encore dans une tentative de le traiter, de le digérer, de l’intégrer dans votre histoire personnelle.
Dans des conditions favorables, ces reviviscences deviennent progressivement moins intenses, moins fréquentes, jusqu’à ce que le souvenir trouve sa place dans votre mémoire normale.
L’hypervigilance, bien qu’épuisante, vous maintient en état d’alerte face à de potentielles nouvelles menaces. Dans un contexte où le danger pourrait réellement persister, cette vigilance accrue a une fonction protectrice.
Vos réactions émotionnelles intenses, même débordantes, permettent l’expression et l’évacuation de l’énergie émotionnelle accumulée pendant l’événement. Pleurer, trembler, crier : tout cela vous aide à libérer la charge traumatique du système nerveux.
Comment mobiliser mes ressources
Dans la majorité des cas, lorsque les conditions sont favorables, le choc post-traumatique se résout naturellement sur une période de quelques jours à quelques semaines. Votre système nerveux retrouve progressivement son équilibre.
Cette récupération naturelle témoigne de la résilience remarquable du cerveau humain et de sa capacité à traiter les expériences, même les plus difficiles.
Le plus souvent, avec du temps, de la sécurité et du soutien, le choc se résorbe naturellement en quelques semaines.
Certaines conditions facilitent considérablement la résolution naturelle du choc post-traumatique.
Le plus important ? Vous devez vous sentir en sécurité physique et émotionnelle. Votre corps ne peut pas se calmer s’il pense que le danger continue.
Cette sécurité doit être à la fois objective (la menace a effectivement disparu) et subjective (vous vous sentez en sécurité). Parfois, la menace persiste réellement, rendant la récupération impossible.
Être entouré de personnes bienveillantes qui offrent présence, écoute et soutien sans jugement facilite énormément la récupération. Le simple fait de pouvoir raconter ce qui s’est passé à quelqu’un qui vous écoute vraiment, qui croit ce que vous dites, qui ne minimise pas votre expérience, aide votre cerveau à transformer cette expérience chaotique en un récit.
Il est crucial que vous entendiez que vos réactions sont normales, attendues, qu’elles ne sont pas un signe de faiblesse ou de folie. « C’est normal de te sentir comme ça après ce que tu as vécu », « Tes réactions sont celles que n’importe qui aurait dans cette situation », « Tu n’es pas en train de devenir folle » : ces paroles peuvent avoir un effet apaisant considérable.
Permettre à votre corps de se reposer, de récupérer de l’épuisement physique est essentiel. Dormir (autant que possible), manger, vous hydrater, prendre soin de votre corps : ces besoins fondamentaux ne doivent pas être négligés.
Les activités douces qui aident à réguler votre système nerveux peuvent être bénéfiques : marche dans la nature, exercices de respiration, yoga doux.
Même si le choc post-traumatique est une réaction normale, un accompagnement par un professionnel dans les jours et semaines qui suivent peut faire une grande différence.
Vous ne suivrez pas nécessairement une thérapie intensive immédiate, mais une aide par rapport à ce qui se passe. Vous pourrez bénéficier d’outils pour gérer votre anxiété et vos symptômes les plus pénibles.
Cet accompagnement précoce peut faciliter la résolution naturelle du choc et prévenir les complications. Il vous permet de mettre en place rapidement des stratégies de régulation, de maintenir les liens sociaux, d’éviter que les comportements d’évitement ne deviennent trop envahissants.
Le professionnel expert en psychotraumatisme, dégagé de toute relation affective avec vous, pourra vous aider en validant votre expérience car il ne sera pas démuni face à ce que vous vivez. Il vous soutiendra avec bienveillance, douceur et sans jugement.
Un professionnel spécialisé dans le stress post-traumatique sait exactement ce que vous vivez. Vous n’aurez pas à tout expliquer. Il comprendra.
Découvrir que ce que vous vivez est normal et s’explique par ce que vous avez traversé va vous être d’une grande aide.
Vos réactions sont normales après un événement anormal. Votre cerveau et votre corps font de leur mieux pour traiter ce qui s’est passé.
Les tremblements, la confusion, les cauchemars, l’hypervigilance, les émotions intenses : tout cela va s’apaiser avec du temps, de la sécurité et du soutien.
Ce que vous vivez, d’autres l’ont vécu. Il existe des personnes formées pour vous aider. Vous n’avez pas à porter ce poids seule.
Comme la plupart des personnes, vous pouvez vous remettre spontanément d’un choc post-traumatique.
comprendre le choc traumatique
Je suis thérapeute spécialisée en trouble de stress post-traumatique (TSPT). Ayant moi-même vécu un trauma, je sais ce que vous vivez. De plus,j’ai accompagné de nombreuses femmes dans votre situation.
Dans mon accompagnement :
Je vous propose des séances au cabinet à Gujan-Mestras ou en visio.