Le choc post-traumatique est un processus instantané et normal face à un événement traumatisant. Votre cerveau, dépassé, ne peut pas s’adapter à cette expérience inacceptable. Il se met donc en mode survie pour vous protéger. 

Mais que se passe-t-il lorsque cette réaction ne s’estompe pas avec le temps ? Eh bien, c’est là qu’intervient le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Vous voulez en savoir plus? Je vous explique tout. Allez un peu de lecture ! 

Le passage du choc post-traumatique au trouble post-traumatique

Dans les jours et semaines qui suivent un traumatisme, la plupart des personnes voient leurs symptômes diminuer progressivement. Le cerveau intègre peu à peu l’événement, et la vie reprend son cours. 

Toutefois, chez certaines personnes, les réactions post-traumatiques persistent, s’aggravent ou s’installent même de manière permanente. On parle alors de TSPT c’est-à-dire le trouble de stress post-traumatique. Quel rôle joue le stress chronique dans ce trouble? Peut-être pensez-vous en souffrir? Lisez la suite pour voir si vous vous reconnaissez et peut-être pour consulter un thérapeute spécialisé en TSPT.

Le stress chronique : quand le corps et l’esprit restent en état d’alerte

1- Le rôle du stress chronique dans le TSPT

Le passage du choc post-traumatique au TSPT s’explique par une impossibilité de votre cerveau à « digérer » l’expérience violente et soudaine. 

Alors, votre cerveau,  vos hormones, votre système nerveux réagissent comme si vous étiez toujours en danger, même si la menace n’est plus là.

Vous subissez la pression professionnelle, la surcharge mentale, le manque de repos ou une insécurité prolongée. Dans ce cas, votre cerveau n’a plus suffisamment de ressources pour faire face à l’expérience traumatique. Il bascule alors en mode survie (lutte, fuite ou sidération).

Le souvenir ne s’intègre pas normalement. Il reste « bloqué » avec sa charge émotionnelle. C’est ainsi qu’un événement peut se transformer en traumatisme et conduire à un TSPT.

Le stress chronique entretient et renforce vos symptômes du choc post-traumatique en empêchant votre système nerveux de revenir à un état de sécurité. Le corps reste, lui aussi, coincé dans l’alerte, ce qui bloque la récupération et la guérison. 

C’est un système de survie qui n’a pas réussi à s’éteindre. Il perturbe votre vie quotidienne car votre corps et votre cerveau restent en alerte et activés trop longtemps.

2- Les mécanismes du stress chronique

Normalement, face à un danger, votre organisme active votre système nerveux sympathique et libère des hormones de stress, comme le cortisol et l’adrénaline. C’est ce qui se produit lors du choc post-traumatique. Mais, une fois le danger passé, petit à petit, votre système parasympathique prend le relais et ramène votre corps à un état de calme. Dans le TSPT, votre mécanisme de régulation est défaillant. Votre corps reste en mode « danger », même quand il n’y a plus aucune menace réelle.

Cette activation permanente de votre système de stress a des conséquences importantes. Votre taux de cortisol reste élevé. Il perturbe de nombreuses fonctions physiologiques et émotionnelles, mais aussi votre cerveau.

3- Les conséquences du stress chronique

Il a plusieurs impacts sur la personne:

Le stress chronique peut entraîner des maux de tête persistants, des douleurs musculaires, des troubles digestifs. Vous pouvez aussi présenter des problèmes cardiovasculaires ou un système immunitaire affaibli qui vous rend plus vulnérable aux infections.

Il épuise vos ressources mentales. Votre concentration devient difficile, votre mémoire est moins fiable. Vous avez du mal à prendre des décisions. Votre irritabilité augmente, vous pleurez facilement, vos relations se tendent. Vous vous sentez émotionnellement débordée en permanence.

4- Le cercle vicieux

Après l’événement, si le choc post-traumatique ne se résout pas spontanément, il se transforme et se transforme en TSPT. Alors, le stress chronique vous submerge en entraînant et renforçant votre hypervigilance permanente, votre anxiété constante,vos ruminations sans fin, vos stratégies d’évitement… Le traumatisme génère ou augmente votre stress chronique, qui maintient votre système nerveux en alerte. Vous êtes coincée comme un hamster dans sa roue.

C’est pour cela que je travaille à la fois sur le traumatisme ET sur la régulation du stress chronique. On ne peut pas traiter l’un sans l’autre. Votre système nerveux a besoin de retrouver sa sécurité et son équilibre pour vous libérer du traumatisme.

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Les 4 symptômes spécifiques du TSPT

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT)  se caractérise par la “chronicisation” des quatre grandes catégories de symptômes du choc post-traumatique. Il est complètement dépendant du stress chronique que nous venons de voir.

1. Les reviviscences : quand le passé envahit votre présent

Vous revivez l’événement traumatique de manière involontaire et intrusive. Ces souvenirs vifs qui s’imposent peuvent prendre plusieurs formes : 

Ils vous donnent l’impression de revivre la scène comme si elle se produisait à nouveau. Vous faites des cauchemars récurrents liés au traumatisme. 

Elles deviennent très envahissantes.

Elles vous surprennent (sueurs, palpitations, tremblements) et arrivent lorsqu’un élément vous rappelle le traumatisme.

Il se montre incapable de comprendre que le danger est passé. Un bruit, une odeur, une image peuvent suffire à déclencher ces réactions, même des années après l’événement.

Ces intrusions vous épuisent car elles vous ramènent constamment dans l’horreur de l’événement. Elles vous empêchent de tourner la page.

2. L’évitement : une protection qui devient prison

Pour vous protéger de la souffrance liée aux reviviscences, vous mettez en place des stratégies d’évitement. Vous fuyez tout ce qui pourrait vous rappeler le traumatisme.

Cette échappatoire peut devenir très handicapante. Progressivement, votre vie se rétrécit autour de ces anticipations, créant un cercle vicieux : plus vous esquivez, plus l’anxiété augmente, et plus vous avez besoin d’augmenter ces stratégies.

L’évitement concerne aussi les émotions. Vous vous engourdissez émotionnellement, vous vous coupez de vos ressentis pour ne pas souffrir. Malheureusement, en bloquant vos émotions négatives, vous retenez aussi vos émotions positives. Vous avez donc un sentiment de vide et de détachement.

3. Les altérations négatives des pensées et de l’humeur

Le traumatisme modifie profondément votre façon de percevoir le monde et vous-même. Vous pouvez développer des croyances négatives vous concernant (« je suis faible », « c’est de ma faute », « je ne mérite pas d’être aidée »), sur les autres (« on ne peut faire confiance à personne », « les gens sont dangereux ») ou sur le monde (« le monde est effrayant », « il peut arriver quelque chose d’horrible à tout moment »).

Des activités que vous appréciez autrefois perdent de l’intérêt pour vous. Un sentiment de détachement vis-à-vis de vos proches et une difficulté à ressentir des émotions positives se développent. Vous pouvez vous sentir coupées du monde, comme si vous évoluiez dans un brouillard émotionnel ou derrière une vitre invisible qui vous sépare des autres.

Vous avez oublié certains détails de l’événement traumatique, tandis que d’autres restent gravés avec une précision douloureuse. Cette fragmentation de vos souvenirs traumatiques contribue à maintenir votre trouble.

4. L’hyperactivation neurovégétative

Le système d’alarme de votre cerveau reste constamment activé, comme si le danger était toujours présent. Cette hypervigilance génère une fatigue chronique et une tension nerveuse constante.

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L’hypervigilance : vivre en état d’alerte permanent

L’hypervigilance qui devient chronique aprés le choc post-traumatique mérite qu’on s’y attarde tant elle est caractéristique du TSPT et particulièrement éprouvante au quotidien.

1- Comprendre l’hypervigilance

L’hypervigilance est un état d’attention exacerbée à l’environnement et aux signes potentiels de danger. C’est comme si votre cerveau était devenu un radar hypersensible, scrutant constamment les alentours pour détecter la moindre menace. Ce qui était un réflexe de survie utile pendant votre traumatisme devient un fonctionnement permanent inadapté.

2- Les manifestations de l’hypervigilance

Être constamment en état d’alerte vous fatigue. Votre cerveau et votre corps fonctionnent en surrégime permanent, ce qui accélère votre épuisement physique et mental.

Cette vigilance excessive se manifeste de multiples façons. 

Vous sursautez facilement au moindre bruit. Votre sommeil est léger et avec de nombreux réveils, car une partie de votre cerveau reste en alerte même pendant la nuit, prête à réagir au moindre danger.

Vous pouvez développer des comportements de sécurité excessifs : vérifier plusieurs fois les serrures, éviter certains trajets jugés dangereux… Ces comportements vous apaisent temporairement, mais votre cerveau perçoit le danger comme étant réel et présent partout.

L’hypervigilance affecte aussi vos relations. Vous pouvez avoir du mal à faire confiance, interprétant les intentions des autres de façon négative. Parfois, vous réagissez de façon disproportionnée à des situations anodines, car votre seuil de tolérance au stress est abaissé.

Cette fatigue chronique peut vous mener à l’irritabilité, aux difficultés de concentration, aux troubles de la mémoire. Vous avez l’impression de fonctionner « au ralenti » tout en étant paradoxalement suractivée intérieurement. C’est un état contradictoire et profondément inconfortable.

L’impact du TSPT sur la vie quotidienne

Le TSPT affecte tous les domaines de votre vie. 

1- Vos relations familiales et amicales se détériorent

Souvent parce que votre entourage ne comprend pas vos changements de comportement. Vos proches peuvent interpréter votre évitement et votre engourdissement émotionnel comme du rejet ou de l’indifférence. Votre irritabilité et vos réactions disproportionnées créent des tensions et des conflits.

2-  Votre emploi peut être compromis 

Vos difficultés de concentration, votre absentéisme lié à vos troubles du sommeil et à votre épuisement, ou votre incapacité à faire face à certaines situations (réunions, interactions avec le public, déplacements) peuvent vous mettre en difficulté dans votre travail.

3- Votre vie sociale se réduit progressivement

Vous déclinez les invitations, vous abandonnez, des activités, vos relations amicales se distendent. L’isolement s’installe, aggravant encore votre situation car le soutien social est justement l’un des facteurs les plus protecteurs contre le TSPT.

4- Vous pouvez aussi développer des problèmes de dépendance

Vous cherchez dans l’alcool, les médicaments ou d’autres substances un soulagement temporaire à votre souffrance. Malheureusement, ces stratégies d’automédication aggravent votre problème à long terme.

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Les facteurs de risque et de protection

Plusieurs facteurs influencent le risque de développer un TSPT après un choc post-traumatique.

1- La nature et la gravité de l’événement jouent un rôle 

Les traumatismes répétés, qu’ils soient intentionnels (les viols) ou qu’ils impliquent une trahison (comme les abus commis par une personne de confiance), sont particulièrement susceptibles de provoquer un traumatisme.

2- L’histoire personnelle compte également

Les traumatismes antérieurs, les troubles psychologiques préexistants (anxiété, dépression), les difficultés d’attachement dans l’enfance augmentent la vulnérabilité. Cependant, il est important de rappeler que n’importe qui peut développer un TSPT face à un traumatisme suffisamment grave, quelle que soit sa force mentale ou sa résilience.

3- À l’inverse, certains facteurs protecteurs peuvent réduire le risque 

Un bon réseau de soutien social, une intervention rapide après le traumatisme, des stratégies d’adaptation efficaces, la capacité à donner du sens à l’événement, et des ressources personnelles, comme l’estime de soi et le sentiment de contrôle sur sa vie, sont des éléments permettant de favoriser l’intégration de l’événement traumatique.

4- L’importance d’une prise en charge précoce

Plus le TSPT est pris en charge rapidement au moment du choc post-traumatique, plus les chances de rétablissement sont grandes. D’où l’intérêt d’être rapidement accompagné par une thérapeute spécialisée en psychotrauma.

Je peux vous aider à travailler sur vos souvenirs traumatiques pour qu’ils puissent être intégrés dans votre mémoire normale, à modifier vos pensées dysfonctionnelles associées au trauma, à réduire l’évitement et l’hypervigilance, et à retrouver progressivement une vie normale.

Mais dans un premier temps, je vous apprendrai à réguler votre système nerveux, pour réduire son hyperactivation. Quand votre cerveau se sentira en sécurité, nous pourrons alors traiter le trauma.

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Vers la guérison

Le TSPT n’est pas une fatalité. Avec un accompagnement adapté, comme la majorité des personnes, vous parviendrez à surmonter votre traumatisme et à retrouver une qualité de vie satisfaisante. Le chemin peut être long et difficile, avec des avancées et des rechutes, mais la guérison est possible. Vous pouvez en sortir.

La guérison ne signifie pas oublier ce qui s’est passé, mais plutôt revivre pleinement le moment présent sans être constamment ramené au passé. Vous retrouvez le sentiment de sécurité, la confiance en vous et dans les autres, la capacité à ressentir des émotions positives et à vous projeter dans l’avenir.

Il est essentiel que vous ne restiez pas seule face à vos symptômes et l’impression d’être folle. Consultez un professionnel spécialisé dans le trauma est la première étape vers votre rétablissement. Oser demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais au contraire un acte de courage et de bienveillance envers vous-même. Le traumatisme n’était pas votre choix, mais la guérison peut l’être.  

Vous n’êtes pas seule, je peux vous aider 

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